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Rééducation périnéale : quand commencer, comment ça se passe et à quoi s’attendre vraiment

by jcpare-ntxfa_ile
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Après un accouchement, on entend souvent parler de “rééducation du périnée”… mais sans toujours comprendre quand la commencer, à quoi elle sert, ni comment se déroulent les séances. Résultat : beaucoup de jeunes mamans hésitent, s’inquiètent, ou repoussent par manque de temps et d’infos claires. Bonne nouvelle : la rééducation périnéale n’est pas une épreuve, ni un jugement sur votre corps. C’est un accompagnement progressif pour retrouver du confort au quotidien (et éviter certains soucis plus tard). Dans cet article, on vous explique quand démarrer, ce que vous pouvez ressentir, comment se passe une séance, et comment vous aider à la maison, sans pression.

Le périnée, c’est quoi exactement (et pourquoi il est si important après bébé) ?

Le périnée est un ensemble de muscles et de tissus situé au bas du bassin, entre le pubis et le coccyx. Il soutient la vessie, l’utérus et le rectum, et joue un rôle clé dans :

  • la continence urinaire et anale (éviter les fuites),
  • le maintien des organes (prévenir certaines descentes d’organes),
  • la stabilité du bassin et du dos,
  • le confort intime et la sexualité.

Pendant la grossesse, il porte plus de poids et subit une pression constante. Pendant l’accouchement, il s’étire énormément. Même en cas de césarienne, le périnée peut être fragilisé (grossesse + poussées éventuelles + posture + pression abdominale).

Quand commencer la rééducation périnéale après l’accouchement ?

Le bon moment dépend surtout de votre récupération et de votre suivi médical. En général, la rééducation se commence après la visite post-natale (souvent autour de 6 à 8 semaines après l’accouchement). Cette visite permet de vérifier la cicatrisation et d’évaluer si le périnée a besoin d’un accompagnement spécifique.

Après voie basse : les délais les plus fréquents

Après un accouchement par voie basse, on attend généralement :

  • 6 semaines si tout s’est bien passé,
  • un peu plus longtemps si vous avez eu une déchirure importante, une épisiotomie douloureuse, ou une cicatrisation lente.

Après césarienne : est-ce utile quand même ?

Oui, souvent. Même sans passage par voie basse, la grossesse a “travaillé” le périnée. Et après césarienne, il faut aussi prendre en compte la cicatrice abdominale et la reprise des abdos profonds. La rééducation peut être adaptée (douce, progressive) et centrée sur la respiration, la posture et la coordination.

Et si je veux commencer plus tôt ?

Avant les séances, on peut déjà faire une chose utile et très douce : apprendre à respirer et à relâcher. Beaucoup de périnées ne sont pas seulement “faibles” : ils peuvent être trop contractés par stress, douleur ou protection. Dans ce cas, vouloir “muscler” à tout prix trop tôt n’est pas l’idéal.

Quels signes peuvent indiquer qu’une rééducation est nécessaire ?

La rééducation est souvent proposée “par défaut” après un accouchement, car elle peut prévenir des problèmes à long terme. Mais certains signes méritent particulièrement une attention :

  • fuites urinaires (en riant, toussant, courant, portant bébé),
  • sensation de pesanteur dans le vagin, comme “quelque chose qui descend”,
  • gaz ou selles difficiles à retenir,
  • douleurs pendant les rapports (ou appréhension très forte),
  • douleurs lombaires/pelviennes persistantes,
  • faible sensation de maintien (ventre “lourd”, bassin instable).

À l’inverse, même si vous n’avez aucun symptôme, une évaluation peut être rassurante et utile, surtout si vous souhaitez reprendre le sport ou si vous envisagez une autre grossesse plus tard.

Comment se passe une séance de rééducation périnéale ?

La rééducation se fait généralement avec une sage-femme ou un(e) kinésithérapeute formé(e). Le but n’est pas de vous “faire mal” ni de vous mettre mal à l’aise : vous pouvez parler, poser des limites, et demander des explications à chaque étape.

1) Le bilan : comprendre votre périnée (sans jugement)

La première séance est souvent un bilan. Le/la professionnel(le) peut :

  • vous poser des questions (accouchement, symptômes, douleurs, sport, constipation…),
  • observer la respiration, la posture et le ventre,
  • évaluer le périnée (parfois via un examen vaginal, mais ce n’est pas systématique et vous pouvez refuser).

L’objectif est de savoir si le périnée est plutôt “hypotonique” (manque de tonus), “hypertonique” (trop contracté), ou s’il manque surtout de coordination.

2) Les exercices : tonus, coordination et relâchement

Selon votre profil, la rééducation peut inclure :

  • respiration et gestion de la pression (important pour protéger le périnée),
  • contractions guidées (apprendre à contracter puis relâcher correctement),
  • travail de la posture (alignement bassin/dos),
  • renforcement des muscles profonds (transverse, synergie périnée/abdos).

3) Les techniques possibles (selon les praticiens)

Vous pouvez entendre parler de plusieurs approches :

  • travail manuel : guidage au toucher, prise de conscience, relâchement, mobilité des tissus,
  • biofeedback : une sonde mesure l’activité et vous aide à visualiser vos contractions,
  • électrostimulation : parfois proposée si le périnée “ne répond pas” bien au départ (pas systématique).

Vous avez le droit de demander : “À quoi sert cette technique ? Est-ce indispensable ? Est-ce qu’on peut faire autrement ?” Un bon suivi s’adapte à votre confort.

Combien de séances faut-il ?

Il n’y a pas de chiffre universel. Souvent, on parle de quelques séances (ex : 5 à 10), mais cela dépend :

  • de votre état de départ (tonus, symptômes, douleur),
  • de votre accouchement (déchirure, cicatrice…),
  • de vos objectifs (reprendre la course, le fitness, porter au travail…),
  • de votre régularité à la maison (sans culpabilité).

Parfois, quelques séances suffisent pour être rassurée et autonome. Parfois, il faut un suivi plus long, surtout s’il y a des douleurs ou une sensation de descente d’organes.

À quoi s’attendre : sensations fréquentes (et ce qui est “normal” ou non)

Ce que vous pouvez ressentir

  • une meilleure conscience du bas du ventre et du bassin,
  • un périnée “fatigué” après la séance (comme un muscle travaillé),
  • parfois un peu d’émotions (c’est une zone intime, liée à l’accouchement),
  • une progression par paliers (pas linéaire).

Ce qui doit vous alerter

Une rééducation ne devrait pas vous laisser avec une douleur intense ou durable. Consultez/dites-le si :

  • vous avez mal pendant la séance de façon importante,
  • vous ressentez une pesanteur qui s’aggrave après les exercices,
  • vos symptômes empirent clairement (fuites, douleurs, gêne).

Dans ces cas, le plan peut être ajusté : plus de relâchement, moins de charge, meilleure gestion de la pression, ou un avis complémentaire.

Peut-on faire de la rééducation périnéale à la maison ?

Oui, mais l’idéal est d’abord d’être guidée, au moins au début. Beaucoup de femmes font des exercices “au hasard” (type Kegel) et se trompent : elles contractent les fessiers, bloquent la respiration, ou maintiennent le périnée en tension permanente.

3 habitudes simples (et souvent très efficaces)

  • Respirer sans bloquer : souffler doucement sur l’effort (se lever, porter bébé, monter les escaliers).
  • Éviter de pousser aux toilettes : constipation = pression vers le bas. Mieux vaut fibres, eau, et tabouret sous les pieds si besoin.
  • Se redresser pour porter bébé : posture + gainage doux = moins de pression sur le périnée.

Et les boules de Geisha, c’est une bonne idée ?

Parfois, mais pas tout de suite et pas pour tout le monde. Si votre périnée est trop contracté, douloureux, ou si vous ne savez pas bien le contrôler, cela peut aggraver l’inconfort. Mieux vaut demander conseil à votre sage-femme/kiné avant d’utiliser un accessoire.

Rééducation et reprise du sport : quand et comment reprendre ?

Beaucoup de mamans ont envie de reprendre le sport pour se sentir mieux, retrouver de l’énergie, ou se réapproprier leur corps. C’est une très bonne intention, mais le “comment” compte énormément.

Les sports à reprendre en douceur d’abord

  • marche,
  • yoga postnatal (adapté),
  • renforcement doux (abdos profonds, posture),
  • natation (une fois les saignements terminés et si tout va bien).

À éviter trop tôt (souvent) si le périnée est fragile

  • course à pied, sauts, HIIT, crossfit intense,
  • abdos classiques (crunchs),
  • charges lourdes sans technique (pression vers le bas).

Un bon repère : pas de fuites, pas de pesanteur, pas de douleur pendant et après l’effort. Et si vous avez un doute, parlez-en pendant votre rééducation : c’est exactement le bon endroit pour ça.

Ce qu’il faut retenir

La rééducation périnéale est là pour vous aider à retrouver du confort, de la confiance et une meilleure stabilité du bassin, pas pour vous “corriger”. On la commence généralement après la visite post-natale, autour de 6 à 8 semaines, et elle s’adapte à votre histoire : voie basse ou césarienne, allaitement ou non, douleurs ou non.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose : un périnée en forme, c’est un périnée qui sait contracter… et relâcher. Et vous avez le droit d’être accompagnée avec douceur, à votre rythme.

FAQ – Questions fréquentes

Je n’ai aucun symptôme, est-ce que je dois quand même faire la rééducation ?

Souvent, un bilan est une bonne idée, surtout avant reprise sportive. Mais selon les pays, les habitudes et votre suivi, on peut aussi choisir une approche plus autonome si tout va bien. L’essentiel est d’être informée et accompagnée si besoin.

Oui, c’est fréquent après un accouchement, et ça se traite très bien dans la majorité des cas. Vous n’êtes pas “anormale”, et vous n’êtes pas seule.

Ça mérite un avis, sans paniquer. Une sensation de pesanteur peut être liée à la fatigue, à une reprise trop rapide, à la constipation, ou à un périnée qui a besoin de soutien. Plus on prend le sujet tôt, plus c’est simple à améliorer.

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